Après le Montana et sa vie rurale, j'avais un peu l'impression de sauter du coq à l'âne: de la conduite contemplative des vieux pick-up aux klaxons furieux des taxis, du désert culturel d'Arlee au foisonnement de musées, des acres de forêt à perte de vue aux squares grillagés, des 2.65 habitants au kilomètre carré du Montana aux 25'835.21 de Manhattan, du vent sec de Livingston à l'humidité ambiante de la métropole digne d'un hammam. Quel décalage!

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Le choc a surtout été pour mes pieds. Premier dimanche, mes pieds souffrent de la chaleur dans mes ballerines. J'achète des sandales, histoires de libérer mes orteils. Lundi, il pleut des cordes, je nage dans mes sandales. Pendant deux jours d'averses, j'arpente les magasins de chaussures à la recherche d'une paire de bottes de pluie que toute New-Yorkaise digne de ce nom possède. Jeudi, la paire tant attendue me tend les bras dans une boutique. Depuis vendredi, une vague de chaleur s'abat sur la ville. Retour aux sandales. Le soir, je me fais bouffer les pieds par un gros moustique. Autant dire qu'avec 34°, des kilomètres de trotte, et les lanières des sandales sur mes pieds piqués qui gonflent, j'aurais mieux fait de porter dès le premier jour mes chaussures de randonnée, comme dans le Montana!