04h30, départ de Livingston, je laisse derrière moi le Montana, qui m'offre un dernier lever de soleil spectaculaire alors que je m'envole pour New-York. Que retenir de mes trois semaines avec Mark et Caroline? Je ne serai probablement jamais une agricultrice biologique aguerrie, j'en ai appris si peu, et pourtant je repars avec l'impression d'avoir accompli une myriade de petits gestes qui compteront tout au long de la saison. Acquérir les connaissances nécessaires pour diriger une ferme comme celle-ci requerrait des années de lecture, d'apprentissage, d'observation, de tâtonnement pour trouver LE légume qui survivra au gel de mai, au vent de Livingston et aux assauts répétés des lièvres et des cerfs... Sans compter des connaissances poussées en mécanique, domaine dans lequel ne repose aucun espoir pour moi. Las, je rêve d'un petit jardin où je pourrais mettre à profit les quelques bases engrangées ici… à défaut, un pot de basilic ou de romarin en équilibre précaire au bord de la fenêtre de mon studio à Lausanne.

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C'est avec un pincement au cœur que je quitte le Montana, espérant secrètement que je reviendrais et me promènerais sous les branches ployant de pommes, de cerises et de poires, d'un verger planté de mes propres mains vingt ans auparavant.